Si vous avez manqué :
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CD "Résumé 2000"

1. Alive Find Neck, par Ismaël Robert (zarb, diffusion électroacoustique), Jean-Claude Pinson (scénographie), Candice Béjat (peinture) - Commande du FestivalManké
2. Sans titre 13, par le Power trio : Marcel Bataillard (ondulateur analogique, kazoo), Frédérik Brandi (batterie acoustique, magic mic.), Kristof Everart (trombone ténor, harmonica)
3. L'air du pays lointain, par Abdel Tebbaa (oud, chant), Dvorah Zehev (lecture) & Lalou (calligraphie)
4. Barbara Fortuna, traditionnel corse, par Guignol's band
5. Dio vi salve Regina, traditionnel corse, par Guignol's band (M.Bataillard, F.Brandi, K.Everart)
6. Bip, par le quatuor de libres improvisateurs : Jean-Christophe Bournine, Nicolas Calluaud (basses), Ozkär Kräpo, Henri Roger (guitares)
7. Marche funèbre (1er mouvement) composée par Alphonse Allais pour les funérailles d'un grand homme sourd (1897), interprétée par le quintette du FestivalManké (M. Bataillard, F. Brandi, K. Everart, Guy Reyes, Jean Wolf Rosanis) dirigé par Ismaël Robert - Création mondiale (première exécution publique)

Durée totale : 59 minutes. Enregistrements numériques réalisés en direct sans aucun mixage ni traitement, lors de la première édition du FestivalManké les 6, 13 et 16 novembre 2000, par F. L'Epée (sauf 3-5, par J-C. Allard) ; matriciage : N. Calluaud, F. Brandi ; maquettage : M. Bataillard ; gravage : J-C. Allard, K. Everart.

Et merci d'écouter !

Les Insupportables vous ont présenté le

FestivalManké 2000
Festival parallèle de musique contemporaine

"Le bug"

> jeudi 6 novembre 2000
Zone jaune (Hommage au bizarre ?)

Première partie : Alive Find Neck (Ismaël Robert, Candice Béjat, Jean-Claude Pinson). Commande du FestivalManké (suivie de : Les aventures de Robert et Roger)
Le tableau vivant Alive Find Neck, création déroutante du musicien Ismaël Robert, du scénographe Jean-Claude Pinson et de la plasticienne Candice Béjat, offrait un savoureux mélange de genres mariant percussion solo, diffusion électroacoustique bruitiste et performance picturale, en prélude à quelques duos virtuoses et raffinés entre Ismaël Robert et le pianiste Henri Roger.

Deuxième partie : Power trio (Marcel Bataillard : onduleur analogique ; Frédérik Brandi : batterie acoustique ; Kristof Everart : trombone ténor)
Le Power trio, composé d'un peintre aveugle, d'un percussionniste athée et d'un artiste du recouvrement, a déversé son free jazz new-new-Orleans convoquant les fantômes de Kurt Schwitters, d'Albert Ayler et du M.C.5. au cours d'un set foudroyant mais épuisant. Par sa méthode d'improvisation absolue et son goût prononcé pour la violence et la liberté, le Power trio est un vital et désagréable moment d'anarchie vraie, un authentique et rare représentant des courants extrêmes de la musique d'aujourd'hui.

> lundi 13 novembre 2000
Mare nostrum (Hommage à la Méditerranée ?)

Première partie : Abdel Tebbaa, Lalou et Dvorah Zéhev
Un spectacle onirique, humaniste et poétique de et avec Abdel Tebbaa (luthiste), Lalou (peintre) et Dvorah Zéhev (lectrice) présentant des musiques, calligraphies et littératures du monde.

Deuxième partie : Guignol's band : "Nuit bleue"
Une soirée corse destinée à revitaliser la fonction sociale volcanique du happening. Napoléon, Pascal Paoli et la Sainte Vierge sont invités à une partie fine chez des mages fumeurs d'opium dont les rêves ne sont que très modérément hantés par la poésie ou l'humanisme... Clameurs et réponses à profusion permettent d'en finir avec un art sous perfusion et, pourquoi pas, d'entrer avec des accents de triomphe napoléonien dans le nouveau monde. Chants, musiques, peintures à l'aveugle, discussions à table, décollations de Barbies mauresques et descentes de Casa du même jus aboutissent à une conclusion grandiose en forme de révélation : les corses sont violents...

> jeudi 16 novembre 2000
Tout ou rien ! (Hommage au bruit et au silence ?)

Première partie :Quatuor d'improvisateurs libres : Jean-Christophe Bournine, Nicolas Calluaud (basses), Ozkär Krapö et Henri Roger (guitares)
Le Quatuor d'improvisateurs libres a lâché sans ménagement ses musiques indomptables sur une audience surprise par ce métajazz hardcore plutôt aventureux. Jean-Christophe Bournine a fait ses premières armes avec divers groupes hardcore et bruitistes. Sa passion pour la contrebasse l'a conduit vers des études musicales sérieuses ainsi que vers de multiples et glorieuses expériences. Il développe par ailleurs un projet solo mêlant contrebasse, dispositif électroacoustique et improvisation. Nicolas Calluaud, alias M. Zögr, musicien attentif au changement des modes musicales, a tenté sa chance successivement dans le zouk, la pop, le rock, puis la bossa nova, pour revenir à ce qu'il qualifie aujourd'hui comme étant la seule solution : le bruit, ou plus exactement la musique non domestiquée. Ozkär Krapö, fils caché du grand organiste turc du même nom, invente en reclus un langage parallèle qu'il élabore à partir de la grammaire slave à l'âge de 7 ans. Son père, frappé par tant de génie, et persuadé que l'enfant n'est pas de lui, l'envoie en Provence où il devient celui qu'on sait. Henri Roger, pianiste et guitariste tout terrain, a joué avec Mama Béa, Catherine Ribeiro, ainsi qu'en solo et trios de jazz contemporain. Motivé par l'injonction d'Henri Michaux : "Va assez loin en toi pour que ton style ne puisse pas suivre", il trouve dans le JE collectif improvisé l'occasion d'aller au-delà du rationalisme classificateur de notre société.

Deuxième partie : Alphonse Allais (1854-1905) : Marche Funèbre
Version pour ensemble de chambre, placé sous la direction d'Ismaël Robert. (Création mondiale)
Pour conclure sa première édition, le FestivalManké offrait la première exécution publique de la déjà mythique Marche Funèbre, composée en 1897 pour les funérailles d'un grand homme sourd, contribution essentielle du maître de l'absurde et de la mystification à l'histoire de la musique. Selon la préface de l'auteur, la composition de cette Marche Funèbre est fondée sur le principe, universellement admis, que les grandes douleurs sont muettes. Ces grandes douleurs étant muettes, les exécutants doivent donc veiller à éviter de se livrer à ce tapage indécent qui retire tout caractère auguste aux meilleures obsèques. Père spirituel de Dada comme de Fluxus, aveuglément rejeté par ses enfants illégitimes et ingrats, Alphonse Allais, héros de la musique française qui a finalement assez peu composé de musique, apparaît d'une certaine manière comme le chaînon manquant entre Ludwig van Beethoven et John Cage. Le Quintette dirigé par Ismaël Robert a bravement tenté de concilier le lyrisme et l'austérité d'une partition regorgeant d'émotion. Il est agréable mais un peu inquiétant de noter que le public, loin des réactions hostiles d'autres grandes premières du passé (Prélude à l'après-midi d'un faune de Debussy, Le sacre du printemps de Stravinsky, ou Déserts de Varèse) a fait preuve d'une attention et d'une docilité touchantes, à peine traversées d'orages agacés juste bons à traduire une légitime angoisse face à l'impassible orchestre qui, tel celui du Titanic, faisait implacablement et silencieusement résonner l'hymne allaisien...